KEATING
Veuillez vous approcher messieurs et contemplez tous ces visages surgits du passé. Vous les avez bien souvent entraperçus ici sans jamais vraiment les regarder. Ils ne sont guère différents de vous n'est-ce pas, les mêmes cheveux, les mêmes hormones qui vous titillent aussi, invincibles, autant que vous croyez l'être. Le monde leur appartient. Ils sont persuadés d'avoir un avenir grandiose, tout comme un bon nombre d'entre vous. L'espoir brille dans leurs yeux, comme vous. Ont-ils attendu qu'il soit trop tard pour ne réaliser ne serait-ce qu'une miette de leurs grands rêves ? Parce que messieurs voyez vous, tous ces garçons fertilisent les chrysanthèmes... Mais si vous tendez l'oreille, vous les entendrez murmurer un conseil, écoutez les allez penchez vous plus près... [John prend une voix surgie d'outre tombe] Carpe... vous entendez ? Carpe... Carpe diem. Profitez du jour présent mes amis. Que votre vie soit extraordinaire.
KEATING
En dépit de tout ce qu'on peut vous raconter, les mots et les idées peuvent changer le monde.
Keating: J'ai un petit secret à vous dire, approchez. Allons approchez ! On lit ou on écrit de la poésie non pas parce que c'est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité et que l'humanité est faite de passions. La médecine, le commerce, le droit, l'industrie sont de nobles poursuites et elles sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie... la beauté... l'amour, l'aventure, c'est en fait pour cela qu'on vit. Pour citer Whitman : "Ô moi, ô la vie, tant de questions qui m'assaillent sans cesse. Ces incroyables cortèges d'incroyants. Ces cités peuplées de sots. Qu'y a-t'il de beau en cela ? Ô moi, ô la vie ?" Réponse : Que tu es ici. Que la vie existe ! Et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. [Il répète en appuyant tout les mots] Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Quelle sera votre rime ?
Neil : C'était quoi le cercle des poètes disparus ?
Keating: Je n'crois pas que l'administration actuelle verrait cela d'un bon ½il... !
Neil : Pourquoi ? C'était quoi ?
Keating: Dites voir, vous jurez le secret ?
Neil : Oui.
Keating: Eh bien, les poètes disparus vouaient leurs réunions à sucer la moelle secrète de la vie [...]
Knox : Comment ? Des mecs un petit peu dingues qui venaient lire de la poésie?
Keating: Non monsieur Overstreet, pas du tout DINGUES... Ce n'était pas une loge secrète, nous étions des Romantiques. Et nous ne lisions pas de la poésie, mais les vers exprimaient leur nectar sur nos langues, nos âmes s'élevaient ! Les femmes s'évanouissaient ! Les Dieux naissaient de nos mains ! De belles soirées pour l'esprit hein ?! Merci monsieur Perry pour cette ballade en amnésie. Brûlez ça ! Surtout ma photo...
KEATING
Sucez la moelle de la vie oui, mais n'avalez pas l'os. On doit savoir défier et savoir se méfier. Le bon marin doit savoir Louvoyer.